21/12/2018 :  Si l’art peut soigner il peut aussi nous faire mal à l’exemple du fameux syndrome de Stendhal. Je recopie ici un billet écrit en février 2013 pour remettre une peu la chose dans son contexte  avant que vous ne téléchargiez l’ouvrage proposé ci-dessous : HISTOIRE DE LA PEINTURE EN ITALIE

 

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Stendhal et Son Syndrome 

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Le transport dont H. Beyle fait l’objet n’est pas dû à la beauté de la ville, à la visite d’un musée en plein air. Cette approche est juste une transposition triviale appliquée à des chochottes trimbalés de car en trattoria, sous un soleil de plomb, de marchand de glaces en musées bondés, saoulés par des commentaires insipides et dont le cerveau, sevré de télé, sature.

Quand il se rend à Santa Croce ses premières émotions sont pour les gloires du passé. 

Machiavel, Michel-Ange, Galilé, il y ajoute inconsciemment Boccace et Dante. 

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Le bonapartiste connaît ses classiques. Il a lu Le Prince, Vasari, les poésies du sculpteur du David, les commentaires sur l’art du suiveur de Copernic, Lomazzo, L’Enfer et Le Paradis sans oublié Le Purgatoire, tout et tous, il a tout lu et plus encore car il achète deux guides en descendant du fiacre. En cet instant où cénotaphes et tombeaux s’adressent à lui et à lui seul sa mémoire déborde d’images et d’émotions, de mots, de phrases et de vers. 

À ce moment il cristallise des mois et des années de lectures, de visites, de réflexions et d’écritures.

Il gère, il en a vu d’autres, mais pas pour longtemps. 

Son émoi va être à nouveau mis à mal quand aux Sibylles du Volterano il va être confronté. La qualité artistique de la fresque n’est en rien responsable de la montée en puissance du phénomène. De Cumes ou de Delphes, des Appenins ou de Perse aucune d’entre-elles n’a perdu de son aura, de sa puissance. Elles s’adressent encore à nous pour peu que l’on tende l’oreille et Stendhal ne peut être sourd à leurs discours, même sibyllins. Son esprit est alors en proie au ravissement. Conscient, il transfigure l’objet de sa passion, l’art, en lui attribuant de nouvelles perfections. Il est dans un état où d’une croûte il peut voir un chef-d’oeuvre. C’est sa propre définition de la cristallisation. Il l’applique inconsciemment aux fresques du Volterano, consciemment au poème de Foscolo dont il se saisit pour tenter d’évacuer le mal par le mal à la sortie de l’église. 

La poésie, source d’émotions ultimes, est le remède pour effacer les douleurs et fièvres dont il est l’objet. Ça fonctionne ! Pas d’hospitalisation, pas de spleen, le sur lendemain on le voit à San Lorenzo, au Palais Pitti, devant les fresque de Masaccio.

Drôle de type quand même. Dans une poche de son veston il se ballade avec un poème, viatique à tous les maux de la terre, à l’image du mémorial de Pascal.

Qui d’entre-nous, dans son smartphone, a fait de même ? C’est pourtant visiblement indispensable ;-)

HISTOIRE DE LA PEINTURE EN ITALIE

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La puissance de Stendhal mise au service des grands de l’espèce humaine, de l’Italie, de la Toscane, de Léonard de Vinci. Ce n’est pas rien.  

Si la chartreuse de Parme n’existe pas, la peinture et la sculpture de la Renaissance vues par l’auteur du Rouge et le Noir,  sont bien vivantes sous sa plume. Le Frate, aujourd’hui connu des seuls initiés, côtoie un Léonard vedette de cette première partie, il faut oser à une époque ou Raphaël est l’icône par excellence. Michel-Ange suivra.

Cet ouvrage peut sembler suranné au regard de nos connaissances actuelles, il n’empêche, H. Beyle  ne se trompe pas souvent et reste un témoin oculaire d’oeuvres aujourd’hui perdues ou en piètre état, telle La Cène du Vinci. 

L’Histoire de la Peinture de Stendhal n’est pas une introduction aux arts d’une période pour le moins florissante, mais une invitation à partager avec lui son amour pour la littérature, la peinture, la sculpture, voire la musique et les artistes.

Contact : mafournier[@]cegetel.net